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Comment planter un arbre fruitier en pleine terre, de la période au paillage

Jeune pommier en terre maintenu par un tuteur

Pour réussir la plantation d’un arbre fruitier en pleine terre, il faut surtout respecter deux règles : planter pendant le repos de la végétation, de l’automne à la fin de l’hiver, et ne jamais enterrer le point de greffe, qui doit rester à 5 à 10 cm au-dessus du sol. Le reste (trou, tuteur, arrosage) sert à aider les racines à s’installer avant le premier été.

Quand planter un arbre fruitier en pleine terre

La meilleure période court de novembre à mars, en dehors des jours de gel et des sols détrempés. L’arbre est alors en repos, il perd peu d’eau par ses feuilles et il émet de nouvelles racines dès que la terre se réchauffe. Une plantation d’automne, quand le sol est encore tiède, donne souvent la meilleure reprise.

Le mode de vente change le calendrier. Un arbre à racines nues se plante uniquement pendant le repos végétatif, car il n’a aucune réserve de terre autour des racines. Un arbre en conteneur ou en motte se plante presque toute l’année, mais évitez les fortes chaleurs et le gel, qui le fragilisent.

Le climat compte aussi. Dans les régions aux hivers rudes, une plantation de fin d’hiver ou de début de printemps évite que les jeunes racines subissent le gel. Sous climat méditerranéen, planter en automne permet à l’arbre de s’enraciner avant la sécheresse estivale.

Racines nues : si le sol est gelé, on attend

Un arbre livré à racines nues par temps de gel peut patienter quelques jours, racines protégées dans un sac humide, à l’abri du gel. Si l’attente se prolonge, mieux vaut le mettre en jauge dans une tranchée de terre meuble plutôt que de forcer la plantation dans un sol dur.

Choisir l’emplacement et la distance entre les arbres

Un arbre fruitier demande de la lumière : visez 6 à 8 heures de soleil par jour, avec une exposition dégagée vers le sud ou l’est pour les espèces frileuses comme le pêcher ou l’abricotier. Évitez les cuvettes où l’air froid stagne au printemps, car elles aggravent les gelées sur les fleurs.

Le sol doit être profond, meuble et drainant. Des recommandations universitaires américaines évoquent environ 90 cm de sol sans obstacle pour une bonne production. Si l’eau stagne dans un trou test après une pluie, choisissez un autre endroit ou plantez sur une butte légère.

La distance de plantation dépend de la forme et du porte-greffe, qui détermine aussi le délai avant les premières pommes d’un pommier. Gardez aussi 2 à 3 mètres d’écart avec les murs, canalisations et clôtures. Pour la pollinisation, vérifiez si votre variété est autofertile : sinon, un second arbre compatible doit se trouver à proximité.

Forme ou porte-greffe Distance indicative
Cordon ou fuseau sur porte-greffe nain1 à 3 m
Basse-tige3 à 4 m
Demi-tige4 à 5 m
Haute-tige6 m et plus

Préparer l’arbre et creuser le trou de plantation

Jeune arbre aux racines nues trempant dans un seau

Pour un arbre à racines nues, plongez les racines dans un seau d’eau pendant 2 à 3 heures (jamais plus de 24 heures). Rafraîchissez ensuite les extrémités avec un sécateur propre en coupant les racines cassées ou abîmées. Un praliné de terre argileuse et d’eau sur les racines protège de la dessiccation pendant la plantation.

Pour un arbre en conteneur, trempez la motte dans l’eau jusqu’à ce que les bulles cessent. Sortez-la du pot, puis démêlez ou entaillez légèrement les racines qui tournent en spirale, sans quoi elles continueront à s’enrouler sur elles-mêmes.

Le trou de plantation doit être large, plus que profond : comptez 60 à 80 cm de diamètre, soit au moins deux fois le volume des racines ou de la motte, pour environ 50 cm de profondeur. Mettez la terre de surface d’un côté et celle du fond de l’autre. Ameublissez le fond à la fourche-bêche pour que les racines descendent, puis mélangez la terre de surface avec un peu de compost mûr, au maximum un tiers du volume, afin que les racines ne restent pas cantonnées dans la poche amendée.

Mise en place : profondeur, tuteur et comblement

Enfoncez d’abord le tuteur au fond du trou, côté vents dominants, avant de positionner l’arbre. Planter le tuteur après risquerait de blesser les racines. Voici ensuite l’ordre des gestes :

  1. Posez l’arbre dans le trou, en répartissant les racines sans les replier.
  2. Vérifiez la profondeur de plantation : le point de greffe, repérable à son renflement, doit dépasser du sol d’environ 5 à 10 cm après tassement.
  3. Comblez avec la terre de surface mélangée au compost, puis avec le reste, en secouant légèrement l’arbre pour éviter les poches d’air.
  4. Tassez du pied, sans écraser, puis formez une cuvette d’arrosage autour du tronc.
  5. Fixez l’arbre au tuteur avec un lien souple en huit, qui ne serre pas l’écorce.

Le tuteur reste en place deux à trois ans, le temps que l’ancrage se fasse. Sur un arbre en motte ou en conteneur, la méthode est la même, mais le haut de la motte doit affleurer le niveau du sol.

Arrosage et paillage des premiers mois

Un arrosage copieux juste après la plantation, de 15 à 20 litres, plaque la terre contre les racines et chasse l’air. Même en plein hiver, ne l’omettez pas. Le printemps suivant, arrosez une fois par semaine en cas de temps sec, puis plus souvent en été durant la première année, en mouillant en profondeur plutôt qu’en surface.

Le paillage garde l’humidité, limite les herbes et protège du gel. Étalez 5 à 8 cm de feuilles mortes, de paille ou de broyat autour du tronc, en laissant quelques centimètres libres contre l’écorce pour éviter l’humidité et les rongeurs. Dans les régions froides, une protection du tronc ou un voile d’hivernage aide les sujets fragiles lors des premières années.

Les trois erreurs qui font échouer une plantation

Enterrer le point de greffe, ce qui fait émettre des racines au greffon et annule l’effet du porte-greffe. Planter dans un sol gorgé d’eau, où les racines pourrissent. Oublier le tuteur, ce qui laisse l’arbre bouger et casse les jeunes racines au premier coup de vent.

Le suivi des deux premières années

Jeune pommier aux branches coupees entoure de paillage brun

La taille de formation se fait en fin d’hiver, dès la première année, pour installer la charpente : on raccourcit les branches principales et on garde une forme équilibrée. Sur un jeune arbre, supprimer les premiers fruits favorise le développement des racines et des branches. Surveillez ensuite l’arrosage lors des étés secs et renouvelez le paillage chaque automne, car c’est dans ces deux ans que se joue la vigueur du futur arbre.

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Article publié par la rédaction de Lesecret De Maison.

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