Poser du carrelage dans une salle de bain ne se limite pas à coller des carreaux au mur ou au sol. L’eau est présente chaque jour, le support travaille avec l’humidité, et une erreur de préparation se paie plus tard en infiltrations, en carreaux qui sonnent creux ou en joints noircis. La bonne nouvelle, c’est qu’avec de la méthode et un peu de patience, un bricoleur soigneux peut obtenir un résultat durable.
L’ordre des opérations en un coup d’œil
On commence par vérifier et préparer le support (propre, plan, sec, étanchéifié dans les zones d’eau), puis on trace la ligne de départ après avoir dessiné le calepinage. Vient ensuite l’encollage au mortier-colle avec une spatule crantée, la pose carreau par carreau avec des croisillons, les découpes autour des éléments, et enfin les joints de carrelage et les finitions au joint silicone.
Préparer le support et le matériel
Tout se joue ici. Le support doit être sain, propre, dépoussiéré et sec, et si un ancien carrelage doit être recouvert, la pose de carrelage sur carrelage existant détaille les conditions à vérifier. Sur une ancienne peinture ou un fond poreux, on applique un primaire d’accrochage. Les plaques de plâtre ordinaires n’ont rien à faire dans une zone d’eau : on choisit des plaques hydrofuges ou des panneaux de construction prévus pour les pièces humides.
La planéité du support se contrôle avec une règle de 2 m et un niveau à bulle. La tolérance couramment citée est de 5 mm sous une règle de 2 m. Au-delà, on rattrape avec un ragréage au sol ou un enduit de lissage au mur, sans quoi les carreaux se retrouvent en désaffleur et le carrelage sol comme le carrelage mural paraissent bâclés.
En France, la pose collée est encadrée par le NF DTU 52.2, qui précise les conditions de préparation des supports, de collage et de jointoiement. Pour un chantier domestique, on retient surtout deux idées : un support conforme avant de coller, et un mortier-colle adapté au carreau et à la pièce.
L’étanchéité avant tout dans la douche et autour de la baignoire
Le carrelage et ses joints ne sont pas étanches. Dans une douche ou autour d’une baignoire, il faut donc appliquer un SPEC (système de protection à l’eau sous carrelage) ou une membrane adaptée. Le SPEC s’applique généralement en deux couches croisées, avec des bandes d’étanchéité dans les angles et autour des traversées de tuyaux. Dans une douche, la protection monte jusqu’à environ 2 m de hauteur depuis le fond du receveur, selon les prescriptions du système choisi. On laisse sécher le temps indiqué par le fabricant avant de coller quoi que ce soit.
Le matériel à rassembler
Réunir tout l’équipement avant de commencer évite les allers-retours en plein milieu d’un encollage, quand le mortier-colle commence à croûter.
- Mortier-colle (colle à carrelage de classe C2 pour les pièces humides, souvent flexible sur les supports qui bougent)
- Spatule crantée adaptée au format du carreau, platoir et seau de gâchage
- Niveau à bulle, règle, mètre, crayon et cordeau
- Croisillons ou cales autonivelantes
- Coupe-carreaux manuel ou scie électrique à eau, perceuse avec trépan diamant
- Maillet en caoutchouc, éponge, raclette à joints, cartouche de joint silicone sanitaire
Côté revêtement, on choisit un carrelage de salle de bain adapté à l’usage. Au sol, le classement antidérapant compte : une surface trop lisse devient dangereuse mouillée. Le grès cérame est un choix fréquent, car il absorbe très peu l’eau et supporte bien l’humidité. Pour les murs, la faïence reste économique et facile à nettoyer.
Tracer la ligne de départ et poser la première rangée
Avant de coller, on fait un calepinage à blanc : on pose les carreaux à sec, croisillons compris, pour voir où tombent les coupes. L’objectif est d’éviter les petites coupes d’un ou deux centimètres en bord de mur, disgracieuses et fragiles. On décale la ligne de départ pour obtenir des coupes équilibrées de chaque côté, ou au moins plus larges d’un demi-carreau.
Au mur, le sol n’est presque jamais parfaitement horizontal. On ne part donc pas du bas : on fixe un tasseau bien d’aplomb, à la hauteur d’un nombre entier de carreaux au-dessus du point le plus bas, et on le contrôle au niveau à bulle. Cette ligne de départ sert d’appui à la première rangée. Les rangées du bas, qui demandent des coupes, se posent après retrait du tasseau.
Au sol, on trace deux axes perpendiculaires au centre de la pièce, ou en partant du fond vers la porte, pour ne jamais se retrouver coincé dans un coin. Dans la douche, le sens de pose suit la pente vers le siphon, ce qui impose de vérifier la pente avant de commencer, comme lors d’une rénovation de douche italienne.
Appliquer le mortier-colle et poser les carreaux

On gâche le mortier-colle selon les proportions du sac, on laisse reposer quelques minutes puis on le remélange. La consistance doit rester crémeuse, ni coulante ni sèche. On étale ensuite sur une surface d’environ un mètre carré, à la spatule lisse puis à la spatule crantée, en tirant des cordons réguliers tenus à 45 degrés.
Chaque carreau s’appuie avec une légère torsion pour écraser les sillons, puis se tapote au maillet. Pour les grands formats, on pratique le double encollage : une couche sur le support, une fine couche au dos du carreau. On vérifie régulièrement l’alignement et l’affleurement avec la règle, on place les croisillons à chaque angle, et on retire immédiatement toute bavure de colle sur la face.
Un test simple permet de contrôler l’encollage : on soulève un carreau fraîchement posé et on regarde le dos. Il doit être couvert de colle sur presque toute sa surface. Dans une pièce d’eau, un carreau mal talonné laisse des vides où l’humidité s’installe.
Découper les carreaux et traiter les zones particulières
Pour la découpe du carrelage, le coupe-carreaux manuel suffit pour la faïence et les coupes droites. Le grès cérame, plus dur, demande souvent une scie électrique à eau, notamment pour les coupes en L autour d’un angle. Les passages de tuyaux se percent avec un trépan diamant, et on prévoit un jeu de quelques millimètres autour de l’élément pour absorber les mouvements.
Pour les prises, on coupe le courant au disjoncteur, on mesure leur position sur le carreau, on perce puis on découpe l’encoche. On remet le courant seulement une fois la pose terminée et les joints secs.
Niche de douche, pourtour de fenêtre et zone baignoire
La niche de douche est une zone fragile. Elle reçoit le SPEC sur toutes ses faces, avec bandes dans les angles, puis on carrelle le fond, les côtés et la tablette. Cette tablette doit présenter une légère pente vers l’avant, de l’ordre de 1 à 2 %, pour éviter que l’eau stagne.
Au pourtour de fenêtre, on carrelle d’abord les côtés et le dessus de l’embrasure, puis l’appui, avec une très faible pente vers l’intérieur de la pièce pour que l’eau de condensation ne reste pas bloquée. Des baguettes d’angle protègent les arêtes vives. Le long d’une baignoire, on pose le carrelage mural en laissant un jeu d’environ 3 mm au-dessus du rebord, qui sera comblé par un joint souple.
L’erreur classique : un joint rigide dans les angles
Dans les angles et autour de la baignoire ou du receveur, les éléments se dilatent et bougent légèrement. Un joint de carrelage classique y fissure en quelques mois et laisse passer l’eau. On le remplace par un joint silicone sanitaire, qui reste souple.
Réaliser les joints et finitions

On attend au minimum 24 heures après la pose (ou le délai indiqué sur le sac) avant de jointoyer. On retire les croisillons, on nettoie les gorges entre les carreaux, puis on étale le mortier de jointoiement en diagonale avec la raclette en caoutchouc, en bourrant bien les espaces. Après une dizaine de minutes, on lisse à l’éponge humide en rinçant souvent, sans creuser les joints.
Un voile de ciment apparaît toujours en séchant. On le retire avec un chiffon sec ou un produit adapté, en suivant les consignes du fabricant. En parallèle, on réalise les joints silicone aux angles verticaux, en périphérie de la baignoire, au raccord entre sol et mur et autour du receveur. Un ruban de masquage de chaque côté donne une ligne nette, que l’on lisse au doigt savonneux avant de retirer le ruban.
Le sol se remet en service au bout d’environ 48 heures, et la douche après le temps de séchage complet des joints indiqué par le fabricant. Un nettoyage doux à l’eau savonneuse, sans acide agressif sur les joints, prolonge la durée de vie de l’ensemble.
Une salle de bain bien carrelée dépend donc surtout de ce qu’on ne voit pas : un support plan, une étanchéité continue dans les zones d’eau et un calepinage réfléchi. Le reste, c’est du soin dans le geste et de la rigueur sur le temps de séchage.






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[…] Une fois les joints retirés et nettoyés, le plus dur est fait. Il ne reste qu’à préparer le mortier de jointoiement selon les indications du fabricant et à l’appliquer en une seule passe régulière, en suivant les étapes de notre guide sur la pose de carrelage en salle de bain. […]